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Sénégal : Diomaye Faye lance Kiiraay, son nouveau parti

Le chef de l’État sénégalais a présenté « Kiiraay, les Patriotes républicains » devant ses partisans, après des mois de tensions avec Ousmane Sonko.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye dispose désormais de sa propre formation politique. Samedi 25 juillet 2026, il a officiellement lancé à Dakar « Kiiraay, les Patriotes républicains », un parti qui confirme son autonomie face à Ousmane Sonko et au Pastef.

La cérémonie s’est tenue au King Fahd Palace devant plusieurs centaines de partisans. Le mot « Kiiraay » signifie « protection » ou « bouclier » en wolof. Ce choix traduit l’ambition du chef de l’État de construire une nouvelle maison politique autour de son nom, de son bilan et de ses soutiens.

Diomaye Faye revendique une force majoritaire

Devant ses militants, Bassirou Diomaye Faye a présenté Kiiraay comme le parti majoritaire du pays. Il a mis en avant des élus locaux, des responsables de secteurs et des figures de la société civile ayant rejoint son camp.

Plusieurs responsables et militants du Pastef ont annoncé leur départ ces dernières semaines. Le parti d’Ousmane Sonko relativise toutefois l’ampleur du mouvement. Son chargé de communication, Amadou Ba, évoque moins d’une cinquantaine de démissions.

La nouvelle formation doit organiser son premier congrès après la saison des pluies. Son slogan, « Patriotes républicains », résume la ligne présentée par le président. Celui-ci cite notamment la République, l’éthique, la transparence, la fraternité et le travail parmi les valeurs de Kiiraay.

Le parti devra maintenant transformer ces adhésions en structures locales. Les maires, responsables de secteurs et personnalités de la société civile présentés pendant le rassemblement pourraient former les premiers relais de Kiiraay dans les régions. L’organisation du congrès doit aussi clarifier les responsabilités autour du président et la manière dont les décisions seront prises.

La rupture avec Ousmane Sonko devient politique

La création de Kiiraay marque une nouvelle étape dans la séparation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Les deux hommes avaient mené ensemble la campagne présidentielle de 2024. Sonko, alors inéligible, avait soutenu la candidature de Diomaye Faye sous la bannière du Pastef.

Une fois élu, le président avait nommé son ancien mentor au poste de Premier ministre. Leur alliance s’est ensuite fragilisée sur la conduite du pouvoir et la gestion de plusieurs dossiers économiques. En mai 2026, Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko, ouvrant une rupture qui ne s’est plus refermée.

Ousmane Sonko a depuis pris la présidence de l’Assemblée nationale. Le Pastef reste la première force parlementaire avec 130 députés sur 165. Kiiraay devra donc s’imposer dans le pays alors que son principal rival conserve une solide base politique et une large majorité à l’Assemblée.

Un parti lancé après une bataille institutionnelle

La naissance de Kiiraay intervient aussi après un bras de fer institutionnel. Fin juin, les députés avaient adopté une disposition visant à empêcher le chef de l’État de diriger un parti ou une coalition. Le Conseil constitutionnel l’a invalidée moins de deux semaines plus tard.

Cette décision a laissé à Bassirou Diomaye Faye la possibilité de prendre la tête de sa propre organisation. Le lancement du 25 juillet lui donne maintenant un outil politique distinct du Pastef, capable de préparer les prochaines élections locales et législatives.

Le calendrier électoral donnera un premier test à cette stratégie. Kiiraay devra mesurer sa popularité face à un Pastef qui conserve ses députés, ses cadres et une forte capacité de mobilisation. La compétition opposera donc deux formations issues du même mouvement politique, mais désormais conduites par des responsables qui défendent chacun leur propre voie.

Le président cherche également à élargir son camp au-delà de ses anciens alliés. Kiiraay rassemble déjà des responsables locaux, des membres de formations partenaires et d’anciens militants du Pastef. Le prochain congrès permettra de préciser sa direction, son implantation territoriale et son programme.

Une recomposition au sommet de l’État

Cette création intervient alors que Bassirou Diomaye Faye occupe une place croissante sur la scène régionale. Quelques jours plus tôt, il avait pris la présidence en exercice de la CEDEAO. Son nouveau parti lui donne désormais une base nationale qui lui appartient directement.

Dans son discours, le chef de l’État a aussi défendu un panafricanisme fondé sur des projets concrets. Il a cité les infrastructures, l’ouverture des marchés africains et la nécessité pour le continent de parler d’une seule voix dans les affaires mondiales.

Pour Kiiraay, le défi sera de transformer l’enthousiasme du lancement en présence durable dans les régions. Le parti devra aussi convaincre des électeurs qui avaient porté le duo Diomaye-Sonko au pouvoir et qui se retrouvent maintenant face à deux camps concurrents.

La rupture est donc devenue visible et organisée. Bassirou Diomaye Faye a sa formation, Ousmane Sonko conserve le Pastef et la majorité parlementaire. La bataille pour l’héritage politique de leur victoire de 2024 entre dans une nouvelle phase.

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