Tchad: “La France est intervenue militairement pour éviter un coup d’Etat”

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C’est une annonce assez rare qui a été faite par Jean Yves Le Drian, le ministre français des Affaires Étrangères. Mardi, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, il est revenu sur l’intervention militaire Française au Tchad la semaine dernière.

La semaine dernière, des avions de l’opération française Barkhane ont survolé le nord-est du Tchad où ils ont frappé une colonne de pick-up lourdement armés, venue de Libye. Ces avions au nombre de sept, cinq venant du Tchad et deux en provenance de la capitale nigérienne Niamey, ont pilonné pendant trois jours, (dimanche, mardi et mercredi dernier) des rebelles de l’Union des Forces de la Résistance (UFR). Ces derniers avaient indiqué quelques jours avant les frappes françaises, leur intention de marcher sur N’Djamena, la capitale tchadienne.

Si la diplomatie française n’avait donné aucune explication sur la vingtaine de frappes qui ont été menées, c’est chose faite depuis ce mardi 12 février, par le premier responsable de cette diplomatie, Jean Yves Le Drian. Face aux députés réunis mardi à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la séance des questions d’actualité, le ministre français des Affaires étrangères a donné les raisons véritables de cette intervention militaire.

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Pour Jean Yves le Drian, il s’agissait d’éviter un coup d’État imminent contre le régime d’Idriss Déby, au pouvoir depuis près de trois décennies. « Il y a eu une attaque d’un groupe rebelle venu du Sud libyen, qui est déstabilisé, pour prendre le pouvoir par les armes à N’Djamena et le président Déby nous a demandé par écrit une intervention pour éviter ce coup d’État venu du Sud libyen et pour protéger son propre pays », a défendu le chef de la diplomatie française, avant d’ajouter que « Ceci est tout à fait conforme au droit international et le Premier ministre en a informé le président du Sénat et de l’Assemblée nationale ».

Mais son explication est loin de faire l’unanimité. Jean-Michel Clément, député du groupe Libertés et Territoires, a dénoncé un mélange de genres, jugeant la réponse de le Drian peu convaincante. Une réaction qui semble rejoindre celle de Youssouf Hamid, le porte parole de l’UFR, qui relève plutôt « une ingérence ».

Hartman N’CHO

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