
La dernière proposition commerciale de Trump pourrait imposer de nouveaux droits de douane aux exportations de huit pays africains, marquant une nouvelle étape dans les efforts de Washington pour lier l’accès au marché aux normes du travail et au respect des chaînes d’approvisionnement.
La proposition, dévoilée par le Bureau du représentant américain au commerce (USTR), cible les pays qui, selon les États-Unis, n’ont pas imposé ou appliqué efficacement les restrictions sur les importations produites par le travail forcé.
Parmi les 60 économies étudiées, huit pays africains figuraient : l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, la Libye, la Mauritanie, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud.
Si elle est approuvée, la plupart des produits provenant de ces pays pourraient être soumis à un droit de douane supplémentaire de 12,5 % lors de leur importation sur le marché américain. La mesure est toujours à l’étude et n’est pas encore entrée en vigueur.
Cette proposition diffère du tarif douanier de base de 10 % introduit précédemment dans le cadre de l’accord commercial réciproque du président Donald Trump, qui touchait un large éventail de pays dans le cadre d’un effort visant à corriger les déséquilibres commerciaux et les problèmes d’accès aux marchés.
La nouvelle mesure est plus ciblée, se concentrant spécifiquement sur les pratiques commerciales liées au travail plutôt que sur les indicateurs commerciaux traditionnels.
Selon le représentant américain au commerce (USTR), les économies qui ne parviennent pas à empêcher l’importation de biens fabriqués par le travail forcé créent des avantages concurrentiels injustes en permettant à des produits à moindre coût de circuler dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pourquoi ces pays africains ont-ils été inclus dans l’enquête ?
Ces huit pays africains ont été inclus dans une enquête américaine plus vaste visant à déterminer si leurs partenaires commerciaux disposent de cadres juridiques et de mécanismes d’application permettant d’empêcher l’entrée sur leurs marchés de marchandises produites par le travail forcé.
L’ examen a porté sur 60 économies et a inclus des consultations avec des dizaines de gouvernements. À l’issue de l’enquête, le représentant américain au commerce (USTR) a conclu que les pays africains concernés n’avaient soit pas mis en place d’interdictions efficaces concernant les importations issues du travail forcé, soit n’avaient pas appliqué correctement les mesures existantes.
Par conséquent, ils ont été classés dans la catégorie soumise au droit de douane proposé de 12,5 %. À titre de comparaison, les pays ayant adopté une forme quelconque d’interdiction des importations fondées sur le travail forcé, ou s’étant engagés à renforcer ces mesures par le biais d’accords commerciaux avec les États-Unis, seraient soumis à un droit de douane inférieur de 10 % en vertu de cette proposition.
Pour les économies africaines concernées, les implications dépassent la simple menace tarifaire. Cette proposition témoigne d’une évolution plus profonde de la politique commerciale américaine, où l’accès au marché américain est de plus en plus conditionné par les pratiques de travail, l’application de la réglementation et la transparence des chaînes d’approvisionnement.
Si elle était adoptée, cette mesure pourrait renchérir les exportations vers l’un des plus grands marchés de consommation au monde, ajoutant une nouvelle incertitude aux exportateurs africains qui doivent déjà composer avec un environnement commercial mondial difficile.



