
Un guérisseur traditionnel nigérian a enflammé les réseaux sociaux après avoir affirmé détenir un remède miracle contre le VIH, allant jusqu’à proposer un pari financier audacieux : payer 20 millions de nairas (environ 46 000 euros) en cas d’échec de son traitement.
Cette polémique, relayée par le compte @TheRoyalHerbs sur X (anciennement Twitter), a divisé l’opinion entre scepticisme scientifique et espoirs désespérés dans un pays où les « faiseurs de miracles » prospèrent .
L’échange a commencé lorsqu’un utilisateur, @the_beardedsina, a interpellé le guérisseur après sa publication initiale, demandant une dose gratuite du prétendu remède. Ce dernier a répliqué en exigeant un accord légal : 10 millions de nairas 23 000 euros) en cas de succès du traitement. Refusant cette condition, l’internaute a contre-proposé un pari : 2 millions de nairas versés d’avance, mais 20 millions en compensation si le traitement échouait .
Le guérisseur a finalement modifié son offre : « Vous me payez 10 millions si ça marche, je vous paie 20 millions si ça ne marche pas ! ».
Une surenchère qui a suscité des milliers de réactions, entre moqueries face à l’absence de preuves scientifiques et inquiétudes pour les patients vulnérables .
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de promesses douteuses autour du VIH au Nigeria, où 3,2 millions de personnes vivent avec le virus. Des pasteurs comme TB Joshua (décédé en 2021) ou des « professeurs » auto-proclamés ont régulièrement annoncé des guérisons miraculeuses, malgré les démentis des agences sanitaires .
En mars 2024, un professeur de l’Université d’Agriculture d’Abia avait ainsi défrayé la chronique en clamant avoir guéri 10 patients grâce à un médicament maison – une affirmation rejetée par les autorités pour « manque de preuves solides ».
Les risques sont graves : Daniel Ndukwe, de l’Agence nationale de lutte contre le sida (NACA), rappelle que ces allégations incitent certains patients à abandonner leurs traitements antirétroviraux, aggravant leur état et augmentant les risques de transmission .



