À la UneAfriquePolitique

Le Ghana et le Burkina Faso concluent sept accords pour sécuriser le principal corridor commercial de l’Afrique de l’Ouest

Le Ghana et le Burkina Faso concluent sept accords pour sécuriser le principal corridor commercial de l'Afrique de l'Ouest

Le Ghana et le Burkina Faso ont renforcé leur coopération diplomatique et sécuritaire en signant sept accords bilatéraux visant à stabiliser l’un des corridors commerciaux et sécuritaires les plus sensibles d’Afrique de l’Ouest.

Ces accords ont été conclus lors de la dernière session de la Commission mixte permanente de coopération, que les deux parties ont réactivée après six années d’inactivité.

Selon les autorités, cette réinitialisation s’appuie sur un dialogue de haut niveau mené précédemment entre John Mahama et Ibrahim Traoré en 2023, qui a rouvert les canaux de coopération entre Accra et Ouagadougou.

L’insécurité croissante au Sahel a constitué le contexte de ce partenariat renouvelé. En amont des pourparlers, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, s’est rendu à l’hôpital militaire n° 37 d’Accra pour rencontrer les victimes de l’attentat terroriste du 14 février à Titao. L’attaque aurait fait plusieurs victimes civiles, dont des commerçants ghanéens.

Lors de la session conjointe, les deux gouvernements ont « condamné conjointement les récentes attaques terroristes dans la sous-région et exprimé leur sympathie aux familles touchées ».

Ils ont également convenu d’élaborer un nouveau cadre de sécurité pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent le long de leur frontière commune.

Au-delà de la sécurité, les deux pays ont abordé un problème humanitaire récurrent lié au barrage de Bagré, dont les déversements périodiques ont historiquement provoqué des inondations dans les communautés situées en aval, dans le nord du Ghana.

Les autorités ont indiqué que ce nouveau mécanisme de coopération permettrait d’améliorer la préparation aux catastrophes et la coordination des interventions.

La délégation ghanéenne a rencontré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo et le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean-Marie Traoré avant de finaliser sept cadres juridiques destinés à faciliter les déplacements et à renforcer la sécurité.

Parmi les mesures les plus importantes sur le plan commercial figure la reconnaissance mutuelle des permis de conduire nationaux, qui devrait permettre de fluidifier le trafic sur l’axe commercial Tema-Ouagadougou. Un accord distinct relatif aux transports et au transit routier vise à harmoniser les réglementations qui ont freiné le commerce régional.

Les deux parties ont également adopté un cadre de coopération transfrontalière et mis en place un mécanisme de consultations périodiques entre les autorités frontalières locales. Selon les responsables, ces mesures renforceront la gouvernance et amélioreront la coordination dans les communautés frontalières.

Pour répondre aux préoccupations relatives à la souveraineté, les deux pays ont convenu de former une commission mixte chargée de réaffirmer leur frontière commune. Un autre accord officialise la coopération en matière de prévention des catastrophes et de gestion des crises humanitaires.

Dans le but de protéger la jeunesse et la sécurité régionale, les gouvernements ont également signé un accord visant à lutter contre la culture, la fabrication et le trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes, faisant ainsi des deux pays une « zone sans drogue » commune.

Malgré l’ampleur des accords, le ministre ghanéen des Affaires étrangères a souligné que c’est la mise en œuvre, et non le symbolisme, qui définirait le succès.

Ablakwa a déclaré que ces accords « ne seront pas de simples ornements », signalant ainsi des projets de mise en œuvre rapide.

Les deux délégations ont qualifié les pourparlers d’ « ouverts, tournés vers l’avenir et porteurs d’impact », réaffirmant ce qu’elles ont appelé des relations cordiales de longue date et des ambitions de développement partagées.

La délégation ghanéenne a également exprimé sa reconnaissance envers les autorités burkinabè pour leur hospitalité, qualifiant la session du PJCC de « extrêmement réussie ».

Les analystes régionaux estiment que cette coopération renouvelée est opportune. Le corridor Tema-Ouagadougou constitue une voie commerciale vitale pour le Burkina Faso, pays enclavé, et un axe d’exportation essentiel pour le Ghana.

La persistance des activités militantes au Sahel, conjuguée à la criminalité transfrontalière et aux inondations liées au changement climatique, a accentué l’urgence d’une action coordonnée.

Si elles étaient mises en œuvre efficacement, ces sept conventions pourraient améliorer les flux commerciaux, renforcer la sécurité des frontières et améliorer la coordination humanitaire le long de l’un des corridors les plus stratégiques d’Afrique de l’Ouest.

Pour deux États voisins confrontés à des pressions sécuritaires et économiques communes, cette réinitialisation marque un tournant pragmatique vers une intégration fonctionnelle plus poussée.

Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page