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Ghana : la nouvelle loi anti-LGBTQ relance le débat

Le texte, voté à Accra, oppose défenseurs des valeurs familiales, organisations de droits humains et inquiétudes diplomatiques.

Le Parlement ghanéen a adopté un nouveau texte très controversé contre les activités LGBTQ. Le projet de loi prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu’à dix ans pour les personnes accusées de promouvoir, financer ou soutenir des activités LGBTQ.

Le vote s’est tenu vendredi 29 mai 2026 à Accra. Le texte, connu sous le nom de Human Sexual Rights and Family Values Bill, relance un débat profond au Ghana, entre défense des valeurs familiales revendiquée par ses partisans, inquiétudes des organisations de défense des droits humains et risque de tensions diplomatiques.

Selon les éléments rendus publics après le vote, la loi vise à punir non seulement certains actes sexuels déjà criminalisés dans le pays, mais aussi la promotion, le soutien, le financement ou la défense publique des activités LGBTQ. Les sanctions varient selon les cas, avec des peines plus lourdes pour les formes d’organisation, de campagne ou de soutien présentées comme de la “promotion”.

Un texte déjà débattu depuis plusieurs années

Le Ghana avait déjà connu un débat similaire en 2024. Une version précédente du texte avait été adoptée par le Parlement, mais l’ancien président Nana Akufo-Addo ne l’avait pas promulguée avant la fin de son mandat. Le dossier était resté suspendu entre procédures judiciaires, pressions politiques et critiques internationales.

Avec le retour de John Dramani Mahama à la présidence, les promoteurs du texte ont relancé leur offensive. Le président a déjà laissé entendre qu’il soutenait l’idée d’une loi encadrant plus strictement ces questions, même si la promulgation finale reste une étape politique à suivre de près.

Ghana : la nouvelle loi anti-LGBTQ relance le débat

Les partisans du projet défendent une loi destinée, selon eux, à protéger la culture, la religion et les valeurs familiales du Ghana. Ils affirment répondre à une demande sociale forte dans un pays où les Églises, les responsables religieux et plusieurs groupes conservateurs ont mené campagne pour durcir la législation.

Les défenseurs des droits humains s’inquiètent

À l’inverse, plusieurs organisations de défense des droits humains estiment que le texte menace les libertés fondamentales. Elles s’inquiètent notamment des effets possibles sur la liberté d’expression, la liberté d’association, l’accès aux soins et la sécurité des personnes LGBTQ ou perçues comme telles.

Le débat dépasse aussi les frontières du Ghana. Dans le passé, des institutions internationales avaient déjà alerté sur le risque que ce type de législation affecte les relations du pays avec certains bailleurs de fonds. La question est sensible, car le Ghana sort progressivement d’une période économique difficile et reste engagé dans des programmes de soutien financier avec des partenaires internationaux.

Le vote intervient dans un contexte régional où plusieurs pays africains ont durci leur position sur les questions LGBTQ. Les défenseurs du texte y voient une affirmation de souveraineté culturelle. Ses critiques parlent au contraire d’un recul des libertés publiques et d’un signal inquiétant pour les minorités.

La prochaine étape sera la position officielle de la présidence. Si le texte est signé, il pourrait devenir l’une des lois les plus strictes d’Afrique de l’Ouest sur les activités LGBTQ et ouvrir une nouvelle séquence politique, juridique et diplomatique pour Accra.

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