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Éthiopie : vote sous tension, Abiy Ahmed en route vers un nouveau mandat

Le parti Prosperity est favori, mais les incidents signalés dans plusieurs régions relancent les questions sur la stabilité politique du pays.

L’Éthiopie a voté lundi 1er juin 2026 dans un climat politique et sécuritaire tendu. Le scrutin, qui doit renouveler les membres de la Chambre des représentants et des conseils régionaux, est largement attendu comme une étape vers un nouveau mandat pour le Premier ministre Abiy Ahmed.

Dans ce pays de plus de 130 millions d’habitants, le vote se déroule dans un contexte lourd. Les tensions restent fortes dans plusieurs régions, notamment en Oromia et en Amhara, où des incidents de sécurité ont perturbé l’ouverture ou le déroulement du scrutin dans certains bureaux.

La commission électorale a indiqué que des incidents avaient été signalés dans ces deux régions instables. Dans certains centres, le vote a pu reprendre. Dans d’autres, il n’a pas pu avoir lieu normalement. Selon les premières indications disponibles, 143 bureaux de vote n’ont pas pu fonctionner comme prévu, tandis que des dizaines de milliers d’autres ont ouvert à travers le pays.

À Addis-Abeba, une forte présence militaire a été observée autour de la journée électorale. La capitale, qui abrite aussi le siège de l’Union africaine, reste un symbole politique majeur pour le pays et pour le continent. Les autorités insistent sur la nécessité d’un vote calme, mais l’opposition et plusieurs observateurs s’inquiètent de l’impact de l’insécurité sur la participation et la crédibilité du scrutin.

Un vote décisif pour Abiy Ahmed

Le parti Prosperity, au pouvoir, part favori. Il domine déjà très largement la vie politique éthiopienne et devrait conserver la majorité des sièges à la Chambre des représentants. En Éthiopie, les électeurs choisissent leurs représentants, puis le Parlement désigne le Premier ministre. Une victoire du parti au pouvoir ouvrirait donc la voie à un nouveau mandat de cinq ans pour Abiy Ahmed.

Éthiopie : vote sous tension, Abiy Ahmed en route vers un nouveau mandat

Arrivé au pouvoir en 2018, Abiy Ahmed avait d’abord été présenté comme un dirigeant réformateur. Son prix Nobel de la paix, obtenu en 2019 après le rapprochement avec l’Érythrée, avait renforcé cette image. Mais les années suivantes ont été marquées par de graves crises internes, notamment la guerre au Tigré, les violences en Oromia, les tensions en Amhara et les critiques contre le rétrécissement de l’espace politique.

Ce scrutin est donc plus qu’un simple rendez-vous électoral. Il intervient dans un pays qui cherche encore à se stabiliser après plusieurs conflits, avec une opposition fragmentée et une partie de la population confrontée aux déplacements, aux difficultés économiques et à l’insécurité.

Entre stabilité et inquiétudes

Le gouvernement met en avant la continuité, le développement et la nécessité de maintenir l’ordre. Pour les partisans du Premier ministre, le pays a besoin d’un pouvoir fort pour poursuivre les grands projets économiques, renforcer les infrastructures et éviter une fragmentation plus profonde.

Mais pour les critiques du pouvoir, le scrutin risque surtout de confirmer un rapport de force déjà déséquilibré. L’insécurité dans certaines régions, la faiblesse de l’opposition et la domination du parti au pouvoir nourrissent les doutes sur le niveau réel de compétition politique.

L’enjeu dépasse les frontières éthiopiennes. Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, l’Éthiopie joue un rôle central dans la Corne de l’Afrique. Sa stabilité pèse sur les équilibres régionaux, les relations avec ses voisins, les questions migratoires et la sécurité dans une zone déjà fragile.

Les résultats définitifs devront confirmer l’ampleur de la victoire attendue du parti au pouvoir. Mais, quelle que soit l’issue officielle, le nouveau cycle politique s’ouvrira avec une question centrale: Abiy Ahmed pourra-t-il restaurer la confiance dans un pays encore traversé par les divisions et les violences?

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