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Trafic de cocaïne : l’Afrique de l’Ouest est devenue une plaque tournante mondiale

Un rapport du GI-TOC révèle que 30% de la cocaïne européenne passe désormais par la région

Un tiers de la cocaïne consommée en Europe passe désormais par l’Afrique de l’Ouest. Ce chiffre, qui aurait semblé improbable il y a dix ans, est aujourd’hui documenté dans un rapport publié par le Global Initiative against Transnational Organized Crime.

Une croissance sans précédent

La cocaïne est le marché criminel qui a connu la plus forte croissance en Afrique de l’Ouest entre 2019 et 2025, selon l’Indice mondial du crime organisé. En 2025, au moins 30% de la poudre consommée en Europe transitait par la région. Ce chiffre donne la mesure d’un phénomène devenu structurel.

Lucia Bird Ruiz, directrice de l’Observatoire des activités économiques illicites en Afrique de l’Ouest au sein du GI-TOC, explique la mécanique dans son rapport publié le 11 mars 2026. Les contrôles renforcés sur les routes directes entre l’Amérique latine et l’Europe ont poussé les cartels à chercher des alternatives. L’Afrique de l’Ouest, avec sa position géographique entre les deux continents, est devenue ce corridor de substitution idéal.

Un transit qui empoisonne aussi la région

Le passage de la drogue ne laisse pas la région indemne. L’un des effets les plus préoccupants documentés dans le rapport est la montée de la consommation locale. Une partie de la cocaïne en transit est vendue sur place. Dans les villes, le crack gagne du terrain, particulièrement dans les quartiers populaires.

Les systèmes de santé locaux, déjà sous pression, n’ont pas les moyens de faire face à cette crise émergente. Les structures d’addictologie sont rares et les campagnes de prévention restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène.

Des capitales africaines dans le collimateur

L’Afrique de l’Ouest n’est pas une entité abstraite dans ce rapport. Des pays comme le Sénégal, la Guinée et la Côte d’Ivoire apparaissent régulièrement dans les saisies et les enquêtes internationales. Ce jeudi encore, le Pool judiciaire financier de Dakar ouvrait un dossier impliquant un réseau de trafic de cocaïne dans les quartiers huppés des Almadies.

Les autorités locales multiplient les efforts. Mais les réseaux criminels ont de l’avance, des ressources et des connexions internationales. Le rapport du GI-TOC sert d’alerte: le problème est documenté, visible, et il continuera de s’aggraver si rien ne change fondamentalement dans la lutte contre ces filières.

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