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Sénégal : trois supporters des Lions libérés au Maroc, quinze autres toujours en prison

Abdoulaye Dieng, Ibrahima Diop et Aziz Wade sont rentrés au Sénégal après trois mois de prison à Rabat. Quinze autres Lions de la Teranga attendent encore, peines de six mois à un an confirmées en appel.

Trois sont sortis, quinze attendent encore. Ce lundi 20 avril 2026, le dossier des dix-huit supporters sénégalais incarcérés au Maroc après la finale explosive de la CAN 2025 connaît son premier dénouement. Abdoulaye Dieng, Ibrahima Diop et Aziz Wade ont retrouvé la liberté samedi après trois mois de détention à la prison d’Al Arjat, à Rabat. Pour les quinze autres Lions de la Teranga restés en cellule, le chef de la diplomatie sénégalaise promet désormais d’avoir « les coudées franches ». Retour sur un bras de fer judiciaire de trois mois.

18 janvier 2026 : l’arrestation après la finale explosive

Tout démarre au soir de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, à Rabat. Le Maroc affronte le Sénégal. Un pénalty accordé aux Lions de l’Atlas en toute fin de temps réglementaire met le feu aux tribunes sénégalaises. Bagarres, projectiles lancés sur la pelouse, tentative d’envahissement du terrain, dégradations d’installations sportives, affrontements avec les forces de l’ordre : le match tourne à l’émeute. Dix-huit supporters sénégalais et un ressortissant franco-algérien sont interpellés dans la foulée.

20 février 2026 : la fermeté du tribunal de Rabat

Un mois plus tard, le verdict tombe. Le Tribunal de grande instance de Rabat ne fait aucun cadeau. Onze supporters sont condamnés à un an de prison ferme assorti d’une amende de 5 000 dirhams, soit environ 325 000 FCFA. Quatre autres écopent de six mois et d’une amende de 2 000 dirhams. Quatre derniers, dont le ressortissant franco-algérien, sont punis de trois mois et d’une amende de 1 200 dirhams. Parmi ces derniers figurent Abdoulaye Dieng, Ibrahima Diop et Aziz Wade.

13 avril 2026 : la cour d’appel confirme sans faiblir

Les supporters font appel. Mais la Cour d’appel de Rabat reste sur la ligne dure. Le lundi 13 avril, elle confirme intégralement les peines prononcées en première instance. Pas d’allègement collectif, pas de remise en liberté anticipée. La justice marocaine envoie un message : il n’y aura pas de gestes de clémence face au hooliganisme, et l’image du royaume comme organisateur sportif passe avant toute considération.

18 avril 2026 : les trois premiers sortis d’Al Arjat

Samedi 18 avril, les trois condamnés à trois mois arrivent au terme de leur peine. En début d’après-midi, Abdoulaye Dieng, Ibrahima Diop et Aziz Wade quittent la prison d’Al Arjat, à bord d’un véhicule de police, direction le commissariat pour les formalités de sortie. Le ressortissant franco-algérien est libéré dans la même journée. Sur place, les diplomates sénégalais ont tout préparé : prise en charge immédiate, logistique du rapatriement, coordination avec les familles. L’avocat Me Patrick Kabou avait annoncé le dispositif dès la veille sur la télévision publique.

19 avril 2026 : le retour au Sénégal

Les trois hommes rentrent le lendemain à Dakar, laissant derrière eux les quinze autres supporters toujours emprisonnés pour des peines de six mois à un an. À peine arrivés, ils témoignent. « J’ai été interpellé après lbou », confie l’un d’eux aux médias sénégalais, racontant des journées de cellule, des moments de doute, mais aussi la solidarité qui s’est organisée autour d’eux depuis Dakar. La sortie est soulagée. Elle est aussi amère : ceux qui restent sont pour certains pères de famille, et leurs peines les retiendront loin des leurs jusqu’en 2027.

20 avril 2026 : Cheikh Niang promet d’avancer

Ce lundi soir, le ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Cheikh Niang, sort du silence dans le journal de 20 heures de la Radio Télévision Sénégalaise. Son message est clair : maintenant que la procédure judiciaire est close, Dakar peut pleinement jouer la carte diplomatique. « Nous avons les coudées franches », lâche-t-il. En clair, plus rien n’empêche le Sénégal de solliciter officiellement une grâce royale auprès du palais marocain. Selon plusieurs sources, une demande formelle serait déjà prête à être déposée.

En arrière-plan, la bataille du tapis vert

Le dossier des supporters se joue sur fond d’une autre bataille, celle du titre continental. Le jury d’appel de la Confédération africaine de football a confirmé, en marge du tournoi, la victoire du Maroc sur tapis vert, entérinant ainsi le titre de champion d’Afrique des Lions de l’Atlas. Le Sénégal a saisi le Tribunal arbitral du sport pour contester la décision. Dans les familles des quinze supporters encore incarcérés, beaucoup suivent les deux dossiers comme un seul : un combat pour la dignité, plus que pour le trophée.

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