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Sénégal : Sonko peut-il reprendre la main à l’Assemblée ?

La démission de Malick Ndiaye ouvre une nouvelle bataille politique après la rupture entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Le Sénégal entre dans une séquence politique à haut risque. Après le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature, la démission de Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale ouvre un nouveau front entre le pouvoir exécutif et le camp de l’ancien Premier ministre.

La décision de Malick Ndiaye, annoncée dimanche 24 mai 2026, intervient moins de 48 heures après la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Officiellement, l’ancien président de l’Assemblée évoque un choix personnel, mûri dans le silence et guidé par sa conception des institutions. Politiquement, le timing change tout.

Une porte ouverte pour Ousmane Sonko

En quittant la tête de l’Assemblée, Malick Ndiaye laisse une place stratégique vacante. Ousmane Sonko, redevenu député après son départ du gouvernement, pourrait se retrouver en position de briguer ce poste. Si ce scénario se confirme, il deviendrait le deuxième personnage de l’État et disposerait d’une tribune institutionnelle très forte.

L’Assemblée nationale doit se prononcer mardi 26 mai sur la question du siège de député d’Ousmane Sonko, puis élire un nouveau président. Dans une chambre largement dominée par le Pastef, qui compte 130 députés sur 165, l’ancien Premier ministre garde une capacité de manœuvre importante.

Un duel qui change de terrain

Depuis vendredi 22 mai, la rupture est consommée au sommet de l’État. Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko et de tout le gouvernement, après plusieurs mois de tensions. Le face-à-face ne se joue donc plus seulement au sein de l’exécutif.

Il pourrait désormais se déplacer vers l’hémicycle. Le risque est clair : un président qui conserve les leviers de l’État, face à un ancien allié qui peut contrôler une Assemblée puissante et mobilisée. Dans ce contexte, chaque texte soumis aux députés peut devenir un test politique.

La situation est d’autant plus sensible que plusieurs réformes institutionnelles sont attendues. La révision de la Constitution, la réforme des partis politiques, la Cour constitutionnelle et la création d’une nouvelle commission électorale font partie des textes qui pourraient arriver devant les parlementaires.

Diomaye Faye face à une marge étroite

Pour Bassirou Diomaye Faye, l’enjeu est délicat. Il doit former un nouveau gouvernement, conserver une majorité politique fonctionnelle et éviter une paralysie institutionnelle. Or, une partie importante de cette majorité reste liée à Ousmane Sonko.

Le président ne peut pas non plus dissoudre l’Assemblée nationale immédiatement. Cela réduit sa marge de manœuvre si le bras de fer s’installe. La composition du prochain gouvernement sera donc scrutée de près, notamment pour savoir si des figures du Pastef y seront associées ou si la rupture deviendra totale.

Une crise qui peut peser jusqu’en 2029

Le choc politique dépasse la simple question des postes. Le duo Diomaye-Sonko avait porté l’espoir de l’alternance en 2024. Sa rupture laisse une partie de l’électorat dans le doute et ouvre une bataille d’influence à l’intérieur même du camp qui a gagné le pouvoir.

Les élections locales de 2027 et la présidentielle de 2029 sont déjà dans toutes les têtes. Si Ousmane Sonko prend la tête de l’Assemblée, il pourra peser sur l’agenda politique tout en gardant une forte proximité avec sa base militante.

Le Sénégal se retrouve donc devant une équation explosive : un président élu qui doit gouverner, un ancien Premier ministre toujours populaire, et une Assemblée qui pourrait devenir le centre de la prochaine bataille. La crise ne fait peut-être que commencer.

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