A 23 ans, cette jeune marocaine lance le “Fresh it”, le réfrigérateur naturel issu de techniques anciennes

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Cette jeune ingénieure de 23 ans, native du Maroc, a décidé de fonder une start up nommée Go Energyless, dans la fabrication de réfrigérateur traditionnel. Si le Maroc est un pays où l’électrification rurale est assez avancée, l’équipement en électroménager reste très inégal.

Pour combler ce déficit, Raowia Lamhar, une jeune marocaine a décidé de créer le  Fresh it,  un réfrigérateur à base d’argile qui fonctionne sans électricité et qu’elle décline en deux modèles. L’un pour les plus pauvres, et l’autre pour les adeptes de méthodes plus écologiques. Une solution pour une meilleure nutrition et la conservation des médicaments.

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Sous son voile, la jeune Raowia Lamhar cache une détermination d’acier. A 23 ans, cette jeune fille, fraîchement diplômée de la faculté de sciences et techniques de Mohammedia, à 60 km au sud de Rabat, est une entrepreneuse déjà avertie. Avec ses deux associés encore étudiants,  elle fait le tour du Maroc pour faire connaître sa start-up, Go Energyless, et travaille à la commercialisation du Fresh’it.

Le Fresh it, c’est d’abord un gros pot en argile. Il faut soulever une toile de jute pour découvrir un deuxième contenant plus petit, enchâssé dedans, en argile lui aussi. L’ensemble constitue un réfrigérateur rudimentaire, économique et écologique. Un fonctionnement sans électricité.

A Ouarzazate, dans le sud du Maroc,  la jeune entrepreneuse a fait des démos devant des médias. Alors que la température est de 24 °C à l’ombre, et  l’intérieur du Fresh it laisse percevoir une température de 6° C. Le principe est simple pour Raowia Lamhar.« Entre les deux contenants, du sable, qu’il faut mouiller une à deux fois par jour, selon l’humidité. En s’évaporant, l’eau fait baisser la température jusqu’à 6 °C ». Ce « frigo du désert » suffit pour conserver certains aliments au frais : jusqu’à 8 kg de fruits et légumes par exemple pendant une dizaine de jours. « Il faut compter un demi-litre d’eau par jour à Rabat ou à Casablanca, 750 ml dans des villes plus chaudes, comme ici », poursuit la jeune ingénieure.

La production d’une Cinquantaine par mois

Pour Raowia Lamhar le déclic est né d’une rencontre avec un jeune diabétique qui n’avait pas de réfrigérateur pour conserver son insuline.« Il nous a confié qu’il enterrait son flacon dans le sable, qu’il recouvrait d’un textile mouillé. » Les trois compères se sont aussi inspirés d’une jarre traditionnelle en argile marocaine, la khabia, qui permet de rafraîchir l’eau.

Pour la fabrication de leur « frigo du désert », Go Energyless s’est donc adressée à deux artisans potiers de la région de Marrakech qui produisent jusqu’à 50 unités par mois. Depuis mars, deux versions du réfrigérateur en argile. Ces deux réfrigérateurs ont la contenance et la même performance énergétique, seul le design varie. D’un côté, la version économique commercialisée à 220 dirhams, environ 20 euros, destinée avant tout aux clients des zones rurales, habitants des zones non raccordées à l’électricité. Sa distribution passe par des « référents locaux » qui peuvent accorder des facilités de paiement. De l’autre, un produit plus ouvragé pour une clientèle urbaine pour 500 dirhams soit 45 euros, qui achète surtout via la page Facebook de la jeune pousse.

Raowia Lamhar met la main à l’ouvrage dans l’atelier de poterie de Marrakech où sont conçus les réfrigérateurs en argile. Les ventes sont encore limitées : au total, l’entreprise écoule entre 20 et 50 Fresh’it par mois. Mais, pour faire face à une demande qui s’accroît – au point que la petite entreprise a été en rupture de stock plusieurs fois –, la production doit bientôt doubler dans les mois prochains.

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Go Energyless peut continuer à se développer grâce à l’argent reçu en récompense à l’occasion de différents concours d’innovation, dont le dernier en date, le 7 novembre à Marrakech lors de la COP22. Enfin, parce que l’idée de départ de ces jeunes entrepreneurs était de permettre aux personnes aux revenus très modestes ou sans accès à l’électricité de pouvoir conserver aliments et médicaments, la marge qu’ils font sur les ventes de modèles « de luxe » leur donne la possibilité de tirer le prix du modèle économique vers le bas.

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