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États-Unis : un député démissionne après des accusations d agression s£xuelle par 4 femmes

États-Unis : un député démissionne après des accusations d agression s£xuelle par 4 femmes

C’était l’un des visages les plus médiatiques du Parti démocrate californien. Eric Swalwell, quarante-trois ans, représentant au Congr américain pour la Californie, a annoncé lundi 13 avril sa démission immédiate de son siège. La raison: une avalanche d’accusations d’agression sexuelle et de comportement inapproprié portées par au moins quatre femmes, dont une ancienne collaboratrice qui l’accuse explicitement de viol.

La goutte d’eau: l’accusation de viol

Tout a éclaté vendredi 10 avril lorsque le San Francisco Chronicle a publié le témoignage accablant d’une ancienne membre de son staff. Elle affirme avoir été violée par Swalwell à deux reprises après une soirée passée ensemble. Les détails qu’elle a rendus publics sont précis et circonstanciés.

Dès la publication de cet article, d’autres femmes ont pris leur courage à deux mains. Au total, ce sont **quatre femmes** qui ont désormais porté des accusations contre l’élu. Certaines alléguent des messages inappropriés. D’autres évoquent des comportements harcelants sur le lieu de travail. L’une des affaires fait même l’objet d’une enquête du procureur de New York.

La chute express d’une carrière politique montante

La vitesse de cet effondrement est remarquable. Vendredi encore, Eric Swalwell était candidat au poste de gouverneur de Californie, avec des ambitions nationales évidentes. Dimanche 13 avril, il a dû suspendre sa campagne. Et lundi 14 avril, moins de vingt-quatre heures plus tard, il a annoncé sa démission du Congrès.

La pression est venue de partout. Ses propres collègues démocrates ont commencé à prendre leurs distances. Adam Gray, un autre élu californien, a retiré son soutien publiquement. Mais surtout, c’est l’establishment du parti qui a fait comprendre à Swalwell que le temps était compté. Nancy Pelosi elle-même, figure tutélaire des démocrates, aurait exercé des pressions en coulisses. L’administration Biden n’a pas non plus tardé à marquer ses distances.

Le Comité d’éthique de la Chambre avait ouvert une enquête formelle pour conduite sexuelle. Pour les observateurs, il ne faisait plus aucun doute que Swalwell serait expulsé s’il ne partait pas de lui-même. Il a choisi la porte de sortie avant d’être poussé dehors.

Sa défense: « ils ne se sont jamais produits »

Dans un communiqué diffusé lundi sur X (l’ancien Twitter), Eric Swalwell a tenté de prendre la défense de sa réputation tout en annonçant son départ. Il a présenté « ses excuses à sa famille, son staff et ses électeurs » pour ce qu’il appelle des « erreurs de jugement ». Mais sur le fond des accusations, il reste catégorique:

« Ils ne se sont jamais produits, et je me battrai contre ces accusations avec tout ce que j’ai », a-t-il écrit. Il dénonce ce qu’il appelle « une course au jugement » à Washington et critique le fait que certains de ses collègues soient prêts à expulser des élus sans attendre les conclusions d’une procédure régulière.

Des conséquences qui vont loin

Cette démission provoque un véritable tremblement de terre politique en Californie. Le gouverneur Gavin Newsom devra maintenant organiser une élection spéciale pour pourvoir au siège laissé vacant par Swalwell dans l’est de la baie de San Francisco (district CA-14). Le calendrier de cette élection reste à déterminer, mais elle interviendra probablement dans les prochains mois.

Parallèlement, la campagne pour le gouvernorat de la Californie, dont Swalwell était l’un des principaux candidats, est bouleversée. Son nom restera sur les bulletins de vote des primaires du 2 juin car il manquait la date limite de retrait. Une situation absurde qui pourrait créer une confusion considérable parmi les électeurs.

Sa départ profite directement aux autres candidats démocrates: Katie Porter, Tom Steyer et Matt Mahan voient s’ouvrir un espace électoral considérable. Aucun d’eux ne semble pour l’instant en position dominante.

Ce n’est peut-être pas fini

Malgré sa démission, Eric Swalwell assure qu’il continuera à se battre contre ce qu’il appelle des « fausses accusations ». L’une des plaignantes a d’ores et déjà annoncé une conférence de presse à Los Angeles prévue pour ce mardi 14 avril. Les avocats de Swalwell ont promis de contester chaque réclamation devant les tribunaux.

Ce scandale pourrait bien faire encore parler de lui pendant plusieurs mois. Entre les enquêtes judiciaires, l’enquête du Comité d’éthique qui devrait poursuivre ses travaux malgré la démission, et la guerre des récits entre les deux camps, cette affaire a toutes les apparences d’un long feuilleton judiciaire et médiatique.

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