Afrique

Génocide rwandais: le pape François demande pardon

Pour la première fois depuis son accession à la magistrature suprême en 2000,  Paul Kagamé a été reçu ce lundi au Vatican par le pape François . C’était l’occasion pour le Saint Père de demander pardon pour le rôle joué par L’Église et certains de ses membres pendant le génocide rwandais.

Génocide rwandais: le pape François demande pardon

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Dans un communiqué du Saint-Siège, le pape n’a pas choisi les mots au hasard. « Le pape a manifesté sa profonde douleur, celle du St-Siège et de l’Eglise pour le génocide contre les Tutsis », lit-on dans la note du Vatican.

« Lors de sa rencontre avec Paul Kagamé, le pape François a exprimé sa solidarité avec les victimes et ceux qui continuent de souffrir des conséquences de ces tragiques évènements, en lien avec ce que Jean-Paul II avait fait lors du jubilé de l’an 2000 », écrit le site RFI. Le sentiment de pardon de l’actuel pape est celui qu’avait exprimé son prédécesseur le  polonais Benoît XVI.

Selon les termes du communiqué du St-Siège, le pape François « demande pardon pour les péchés et les manquements de l’Eglise et de ses membres, parmi lesquels des prêtres, des religieux et des religieuses qui ont cédé à la haine, et qui ont trahi leur mission évangélique».

D’après BBC, le « plaidoyer pour le pardon a suivi une demande du Rwanda en novembre pour que le Vatican s’excuse sur le rôle joué par certains prêtres catholiques et des figures religieuses dans les massacres de 1994 ». Radio Vatican, dans ses commentaires, rapporte que le pape « a exprimé le désir de voir cette humble reconnaissance des faiblesses de cette période qui, malheureusement, a défiguré la face de l’Église, contribuer à une purification de la mémoire ».

Le génocide des Tutsis a eu lieu d’avril à juillet 1994 au Rwanda, un pays d’Afrique de l’Est. Il fut commis dans le cadre d’une guerre civile opposant le gouvernement rwandais, constitué de Hutus (voir Hutu Power), au Front patriotique rwandais (FPR), accusé par les autorités d’être essentiellement « tutsi ».

Le 1er octobre 1990, des Rwandais exilés et regroupés au sein du FPR décidèrent de revenir au pays à partir de l’Ouganda, et de prendre le pouvoir par les armes. En réponse, les autorités rwandaises menèrent une double stratégie : se défendre avec l’armée contre l’agression militaire du FPR et « liquider » tous les Tutsis de l’intérieur du Rwanda. Elles  perdirent la guerre civile au profit du FPR mais atteignirent en revanche leur objectif génocidaire contre les Tutsis.

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L’ONU estime qu’environ 800 000 Rwandais, en majorité Tutsis, ont perdu la vie durant ces trois mois. Ceux, qui parmi les Hutus, se sont montrés solidaires des Tutsis ont été tués accusés d’être des traîtres.

Le génocide a duré 100 jours. Le monde entier le considère comme le plus court et le  plus rapide de l’histoire mais aussi  celui ayant causé le plus de morts.

Yao Junior L

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