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Macron sur le pré carré français en Afrique : « C’est fini depuis 2017 »

Le président français rejette l’idée d’une Afrique francophone considérée comme une zone réservée à Paris.

Emmanuel Macron a voulu clarifier sa vision des relations entre la France et l’Afrique. À Nairobi, autour du sommet Africa Forward, le président français a rejeté l’idée d’une Afrique francophone considérée comme un « pré carré » réservé à Paris.

Dans une prise de parole très directe, il a assuré que cette époque appartenait au passé. « C’est fini. Depuis 2017, c’est terminé cette époque », a-t-il déclaré, en référence au vieux modèle d’influence politique et économique française sur le continent.

« Je n’ai jamais pris l’Afrique francophone comme un pré carré »

Macron a rappelé que cette position remontait, selon lui, à son discours de Ouagadougou en novembre 2017. Le chef de l’État français affirme ne pas vouloir regarder l’Afrique francophone comme une zone d’influence automatique, ni comme un espace où les entreprises françaises auraient des contrats garantis.

Il a aussi évoqué une période où certains considéraient que la France pouvait peser sur les équilibres politiques africains, parfois jusqu’à « faire ou défaire les gouvernements ». Là encore, il a martelé que cette logique était terminée.

Un discours pensé pour une Afrique plus unie

Le président français a également insisté sur l’idée d’une Afrique considérée comme un tout. Il a parlé d’un continent jeune, porté par un important potentiel démographique et par une croissance économique forte.

Pour Macron, ce changement de regard doit pousser la France à traiter l’Afrique autrement : moins comme une zone héritée de l’histoire coloniale, davantage comme un partenaire capable de bâtir ses propres priorités.

Un message sensible dans le contexte actuel

Cette déclaration intervient alors que l’influence française est fortement contestée dans plusieurs pays africains. Ces dernières années, Paris a perdu du terrain, surtout au Sahel, où plusieurs gouvernements ont rompu ou réduit leur coopération avec la France.

À Nairobi, le discours de Macron cherche donc à installer une nouvelle image : celle d’une France qui veut se présenter comme partenaire, et non comme puissance tutélaire. Mais ce message reste sensible, car une partie de l’opinion africaine estime que les ruptures annoncées par Paris doivent encore se traduire concrètement sur le terrain.

Regardez la vidéo ci-dessous…

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