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Burkina/ Un communiqué bizarre de la Cedeao, après le coup d’Etat contre le Colonel Damiba

La CEDEAO a condamné le énième coup d’Etat qui vient de secouer le Burkina Faso le 30 septembre 2022. Une condamnation faite dans la précipitation ? En tout cas, les termes sont des plus curieux sur la nature même de l’action qui vient de dégommer le Colonel Damiba.

La CEDEAO a rapidement produit un communiqué pour condamner le coup d’Etat militaire qui vient d’emporter le Colonel Damiba, lui-même arrivé au pouvoir par la force le 22 janvier 2022. Si on s’y attendait plus ou moins, la rapidité et le contenu du communiqué de la CEDEAO donnent à réfléchir sur les principes qui guident cette organisation.

Par principe, la CEDEAO dit condamner le coup d’Etat des hommes du capitaine Ibrahim Touré. Jusque là tout va bien. Mais le communiqué de la CEDEAO ajoute une phrase que beaucoup d’Africains et de spécialistes politiques jugent totalement contre-productive et même bizarre dans un contexte où l’organisation est soupçonnée de rouler pour des officines aux agendas particuliers.

« La CEDEAO trouve inopportun ce nouveau coup de force au moment où des progrès ont été réalisés, grâce à la diplomatie et aux efforts de la CEDEAO pour un retour méthodique à l’ordre constitutionnel au plus tard le 1 juillet 2024 », affirme le communiqué de l’organisation, après la condamnation du coup d’Etat contre le colonel Damiba.


Comment la CEDEAO s’arrange pour classifier les coups d’Etat opportuns et les pronunciamientos inopportuns ? Dans le cas du Burkina, le premier coup d’Etat contre Kaboré devait être condamné avec la plus grande fermeté. Sans plus. Mais la CEDEAO a curieusement ménagé le régime militaire du Colonel Damiba, se ruant nerveusement sur le Mali. Au point où les jeunes soldats ont fini par ne plus croire en Damiba sur ses réelles intentions.

Dans leurs récriminations contre sa gouvernance, ils lui ont trouvé une agenda secret pour se maintenir au pouvoir, avec bien sûr la bienveillance de la CEDEAO occupée à casser du Colonel Goïta. A y voir de près, la CEDEAO donne l’impression de pleurer un homme qu’elle avait sous son escarcelle qu’un putschiste dégommé par d’autres putschistes. Enfin, ce n’est pas non plus la CEDEAO qui juge de l’opportunité des putschs militaires…

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