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Mali : Bamako sous tension, Kidal reste aux mains du JNIM et du FLA

De nouvelles détonations ont été entendues à Bamako, tandis que Kidal reste sous le contrôle du JNIM et du FLA.

La tension reste forte au Mali après les attaques coordonnées qui ont frappé plusieurs points stratégiques du pays les 24 et 25 avril. Dans la nuit de lundi à mardi, de fortes détonations ont encore été entendues à Bamako, vers la zone aéroportuaire, alors que la ville de Kidal reste contrôlée par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad.

Selon RFI, les bruits d’explosion ont été signalés dans la nuit du 27 au 28 avril, sans qu’une explication officielle claire ait encore été donnée. Les autorités n’ont pas précisé s’il s’agissait de tirs de sommation, d’une nouvelle attaque ou d’une opération de sécurisation dans la capitale.

À Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, le calme semblait revenu mardi matin. Des témoins cités séparément par le média français affirment avoir vu entrer dans la ville un convoi de véhicules administratifs. Cette présence alimente les interrogations autour du chef de la junte, le général Assimi Goïta, que ses proches disent présent à Bamako, même s’il n’a pas été vu publiquement depuis le début des événements.

La situation reste également confuse au sommet du pouvoir malien. Le général Sadio Camara, ministre de la Défense et figure majeure du régime, a été tué lors des attaques, selon les informations déjà confirmées ces derniers jours. Son inhumation devrait intervenir dans les prochains jours. RFI rapporte aussi que l’état de santé du général Modibo Koné, patron de l’Agence malienne de sécurité d’État et numéro trois du régime, se serait dégradé après avoir été atteint par plusieurs balles.

Kidal toujours hors du contrôle de Bamako

Au nord du pays, Kidal reste le principal point de fragilité pour la junte. La ville serait toujours aux mains du JNIM et du FLA, qui s’y organisent après le retrait des combattants russes de l’Africa Corps. Ce retrait est vécu comme un choc par certains responsables maliens, qui parlent déjà de trahison de leurs alliés russes.

Dans la région de Gao, des militaires maliens auraient aussi abandonné leur position à Labbezanga pour se replier vers Ansongo. Ces mouvements montrent que la pression ne se limite pas à Bamako ou Kidal. Elle touche aussi plusieurs zones du nord et du centre, dans un moment où le pouvoir tente de rassurer la population.

Une alliance qui change le rapport de force

L’offensive menée par le JNIM et le FLA marque une étape inquiétante dans la crise malienne. L’association entre groupes jihadistes et rebelles indépendantistes donne une nouvelle dimension aux attaques, avec des cibles militaires, politiques et symboliques.

Pour la junte, l’enjeu est désormais double : reprendre l’initiative militaire et prouver que Bamako reste sous contrôle. Mais les détonations entendues dans la capitale, la perte de Kidal et les incertitudes autour des figures du régime entretiennent un climat de nervosité.

À l’international, l’Algérie a réaffirmé son soutien à l’unité territoriale du Mali, tandis que la France s’est dite préoccupée par les derniers développements et a condamné les violences contre les civils. Sur le terrain, le pays reste suspendu aux prochaines annonces des autorités militaires.

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