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Un ingénieur fait « marcher » un serpent en lui construisant 4 pattes robotiques (Vidéo) 

Un ingénieur autoproclamé amoureux des serpents, Allen Pan a construit un robot pour serpents qui permet au reptile de « marcher ».

À ce jour, il n’y a jamais eu de preuves d’apparition de serpents à quatre pattes dans le monde naturel. Les scientifiques ont d’abord été excités en 2015 lorsqu’un fossile prometteur a été découvert, mais il s’est avéré qu’il s’agissait d’un lézard.

En raison de son amour pour les serpents, Pan est allé dans une animalerie locale pour apprendre comment les serpents doivent marcher en observant les lézards. Il a ensuite construit un boîtier à base de tube avec quatre pattes mécaniques qui permettent au serpent de monter à bord et de laisser les membres robotiques faire la marche.

Un ingénieur fait "marcher" un serpent en lui construisant 4 pattes robotiques (Vidéo) 

Afin de tester son travail, Pan s’est rendu chez un éleveur de serpents local pour trouver un reptile qu’il peut intégrer dans le robot.

« Lorsqu’un autre animal a des jambes déformées, l’humanité se rassemble pour cracher au visage de Dieu, et nous construisons à cet animal de nouvelles jambes cyborg géniales », a déclaré Pan à la caméra dans une vidéo qui a recueilli plus de 2,5 millions de vues sur YouTube en seulement deux jours. « Mais personne n’aime assez les serpents pour leur construire des jambes de robot. Personne à part moi. Amoureux des serpents : Allen Pan. »

Un ingénieur fait "marcher" un serpent en lui construisant 4 pattes robotiques (Vidéo) 

Il est dit que les serpents ont marché une fois sur la terre il y a environ 150 millions d’années. Une étude publiée en 2016 a souligné que certains serpents, comme les pythons, conservent les minuscules vestiges de pattes sous forme de deux petites bosses de chaque côté de leur bassin.


LIRE AUSSI: Audu, l’homme de 71 ans qui fait danser les serpents: Vidéo (afrikmag.com)

Regardez la vidéo ci-dessous…

Felicia Essan

Salut !! Je suis Felicia Essan. Retrouvez mes articles sur les actualités Showbiz, potins africains et d'ailleurs, les faits divers, confidences, les astuces beauté. Je suis une amoureuse de la lecture, de tout ce qui touche à la féminité. Je suis également grande passionnée de multimédia. feliciaessan@afrikmag.com

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10 commentaires

  1. Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

  2. Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

  3. Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

  4. Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

    Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

  5. Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et lauréat du prix Nobel de la paix (1984), est l’un des champions de la résistance à l’apartheid. Il répond ici aux questions du Courrier.

    On parle énormément de liberté et de droits de l’homme en Europe de l’Est ces derniers temps. N’y a-t-il pas là un parallèle avec l’Afrique du Sud?

    Oui, le mouvement pour la liberté et les droits de l’homme en Europe de l’Est est aussi prometteur que celui d’Afrique du Sud. Pourtant, il y a manifestement des différences. En Afrique du Sud, l’oppression de la majorité est fondée sur le racisme. L’iniquité du racisme, c’est que des gens qui se croient supérieurs aux autres finissent par les traiter comme des soushommes. Un régime raciste, confronté à des manifestations de masse, aura moins de scrupules à faire tirer la police ou l’armée sur la foule qu’un autre, qui hésitera à tuer des hommes et des femmes en qui il voit quand même des compatriotes. Dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, à l’exception de la Roumanie, on a l’impression que les autorités ont été plus modérées dans leurs réactions que les dirigeants sud-africains.

    J’ajoute qu’en Europe de l’Est, les gens avaient quand même, dans l’ensemble, plus de possibilités d’organiser leur vie et de participer au progrès économique qu’en Afrique du Sud. Bon nombre de ces pays avaient déjà une expérience antérieure de la démocratie, alors qu’en Afrique du Sud, cela fait 300 ans que nous souffrons de l’oppression raciale. Notre peuple n’a cessé de lutter pour pouvoir participer à un régime démocratique, sans jamais y parvenir. Sur le plan économique, depuis l’industrialisation de l’Afrique du Sud, nos frères n’ont jamais pu obtenir la formation et les emplois qu’ils demandaient, à cause de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la démocratisation de l’Afrique du Sud va exiger un gros effort d’aide internationale pour donner enfin à notre peuple les possibilités de se développer dans un pays industrialisé qui les lui a constamment refusées jusqu’ici.

    Y-a-t-il, selon vous, un lien entre démocratie et développement?

    Le développement est lié à la démocratie. L’homme est une créature dotée du pouvoir de prendre des décisions. Dieu lui a donné le libre arbitre. Il est donc en droit de maîtriser son développement par le système de la démocratie politique : c’est d’ailleurs la condition de sa pleine participation au processus. Le « progrès » paternaliste imposé aux masses par un guide omniscient est voué, immanquablement, à l’échec.

    Dans le contexte sud-africain, peut-on parler d’un véritable mouvement en faveur de la démocratie ? Le système d’apartheid est-il vraiment condamné ?

    A bien des égards, c’est un retour à la case départ des années 60. Certes, nos organisations politiques sont désormais reconnues et plus libres d’agir qu’au cours des trente dernières années. Mais les Noirs n’ont toujours pas le droit de vote — la négation du pouvoir politique étant à la base de l’apartheid. Quant aux lois que nous appelons les « piliers de l’apartheid », elles sont toujours en vigueur. La différence avec I960, c’est que le pouvoir blanc se déclare aujourd’hui prêt à négocier le partage du pouvoir et à remettre ces lois en question. Or, nous ne savons toujours pas ce qu’il veut nous proposer. D’un côté, il y a, venant du gouvernement, une offre qui en reste au stade d’une promesse intéressante. Mais, de l’autre, il y a la demande de notre peuple, qui est en marche vers la démocratie. Nous sommes résolus à l’obtenir et, en fin de compte, nous l’obtiendrons. Personne ne nous en empêchera, et surtout pas le gouvernement d’Afrique du Sud.

    Y a-t-il des formes et des conditions de démocratisation propres à l’Afrique du Sud ? Le principe du suffrage universel peut-il fonctionner dans un contexte si marqué par les affrontements traditionnels entre communautés ?

    La démocratie repose sur le suffrage universel. Tant que des citoyens sont exclus du vote, il ne peut y avoir démocratie ou perspective de coopération entre les communautés. En démocratie, quelle que soit leur origine, les citoyens sont tous protégés par la loi, par des droits que des tribunaux indépendants font respecter. C’est seulement lorsque la dignité humaine de tous les Sud-Africains sera garantie par l’égalité des droits que nous pourrons voir s’instaurer entre les citoyens de ce pays, quelle que soit leur appartenance ethnique, une véritable coopération.

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