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La stratégie de Poutine pour l’Afrique s’élargit alors que la Russie prépare un sommet crucial avec les dirigeants du Sahel

La stratégie de Poutine pour l'Afrique s'élargit alors que la Russie prépare un sommet crucial avec les dirigeants du Sahel

La Russie se prépare à accueillir un autre sommet majeur sur l’Afrique en octobre, tandis que le président Vladimir Poutine intensifie ses efforts pour étendre l’influence politique, militaire et économique de Moscou sur le continent, en particulier dans la région instable du Sahel, où l’influence occidentale s’est fortement affaiblie ces dernières années.

Bien que les autorités russes n’aient pas encore confirmé de date précise pour le sommet, les préparatifs vont bon train en vue de la conclusion d’une série d’accords de coopération qui devraient redéfinir les partenariats croissants de Moscou avec les gouvernements africains. Parmi les accords les plus attendus figurent de nouveaux accords énergétiques et économiques entre la Russie et le Mali, pays qui a rapidement renforcé ses liens avec le Kremlin après avoir rompu sa coopération militaire avec la France et d’autres alliés occidentaux.

Ce prochain sommet marquera le troisième événement majeur organisé par la Russie en Afrique depuis 2019, soulignant la volonté du Kremlin de s’imposer comme un partenaire alternatif de premier plan face à l’Occident sur le continent africain. Moscou axe de plus en plus sa politique africaine sur une rhétorique anticoloniale, se présentant comme un allié historique n’ayant jamais exercé de domination coloniale sur l’Afrique, contrairement à de nombreuses puissances européennes.

Ce message trouve un écho croissant dans certaines régions d’Afrique, notamment dans les pays francophones où la frustration envers la France et d’autres nations occidentales a alimenté des réalignements politiques. Au Sahel, les gouvernements militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger se sont tous rapprochés de la Russie après avoir expulsé les troupes françaises et réduit leur coopération sécuritaire avec les gouvernements occidentaux.

Cette nouvelle offensive diplomatique russe intervient alors que le Kremlin cherche à renforcer ses alliances avec les pays du Sud, dans un contexte de tensions persistantes avec les États-Unis et l’Europe suite à la guerre en Ukraine. Malgré les efforts occidentaux pour isoler Moscou sur le plan diplomatique, la participation africaine aux précédents sommets Russie-Afrique est restée importante.

Le premier sommet, qui s’est tenu en 2019 à Sotchi, en Russie, était co-organisé par Vladimir Poutine et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors président de l’Union africaine. Cet événement a permis de conclure des dizaines d’accords portant sur la coopération en matière de défense, d’exploitation minière, d’infrastructures et d’énergie.

Un deuxième sommet, initialement prévu pour 2020, a été annulé en raison de la pandémie de COVID-19. La Russie a toutefois relancé l’initiative en 2023 à Saint-Pétersbourg, malgré les pressions internationales liées au conflit ukrainien. Selon les autorités russes, des représentants de 49 pays africains y ont participé, dont 17 chefs d’État.

Depuis, la Russie a accru ses exportations de céréales, d’engrais et de produits pétroliers vers les marchés africains, tout en renforçant ses partenariats sécuritaires sur le continent. Bien que la société militaire privée Wagner ait été officiellement intégrée au ministère russe de la Défense, Moscou continue de fournir des conseillers militaires, des mercenaires et un soutien à la formation à plusieurs gouvernements africains, notamment au Sahel, où persistent l’insurrection et l’instabilité politique.

Le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, a déclaré que Moscou et le Mali s’apprêtaient à finaliser d’« importants accords de coopération » lors du sommet, à la suite de discussions tenues en marge du Forum de Kazan, une rencontre diplomatique et économique annuelle organisée dans la République russe du Tatarstan.

Au-delà des liens militaires, la Russie s’efforce également d’approfondir son intégration économique avec ses partenaires africains par le biais de la coopération énergétique, d’accords commerciaux en monnaie locale et de systèmes de paiement alternatifs visant à réduire la dépendance vis-à-vis des réseaux financiers occidentaux.

Bien que le volume des échanges commerciaux de la Russie avec l’Afrique reste largement inférieur à celui de la Chine et de l’Union européenne, les analystes affirment que l’influence croissante de Moscou au Sahel reflète un changement géopolitique plus large qui se déploie sur le continent, à mesure que les gouvernements africains diversifient de plus en plus leurs alliances mondiales.

Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

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